Une refonte se décide rarement pour de bonnes raisons. Le motif avancé est souvent l'apparence, alors que les vrais déclencheurs sont ailleurs : un formulaire qui ne convertit plus, une administration devenue impraticable, un temps de chargement qui fait fuir les visiteurs mobiles, ou une technologie qui ne reçoit plus de mises à jour de sécurité. Poser le bon diagnostic avant de choisir un prestataire évite de refaire à l'identique un site dont les défauts n'étaient pas graphiques.
L'audit compare ce que le site reçoit et ce qu'il produit. Il relève les pages qui apportent des visites et celles qui n'en apportent aucune, les requêtes sur lesquelles le site est positionné, les parcours qui aboutissent à un contact et ceux qui s'interrompent. Il mesure les indicateurs de performance que les moteurs prennent en compte : temps d'affichage du plus grand élément, réactivité aux premières interactions, stabilité visuelle pendant le chargement. Il vérifie enfin l'accessibilité et la conformité du recueil de consentement. Ce relevé constitue le point de comparaison sans lequel il sera impossible de dire, six mois plus tard, si la refonte a servi à quelque chose.
C'est le point sur lequel se perdent le plus de refontes. Changer les adresses des pages sans redirection permanente vers leur équivalent revient à effacer des années de référencement en une nuit. Le plan de redirection associe chaque ancienne adresse à une nouvelle, page par page, et non vers la page d'accueil, qui est traitée par les moteurs comme une redirection sans valeur. Les adresses qui n'ont pas d'équivalent renvoient une erreur franche plutôt qu'une page vide. Le suivi se fait pendant plusieurs mois par les rapports de couverture de la console de recherche, le temps que l'index se reconstitue.
Le coût varie moins avec le nombre de pages qu'avec le nombre de gabarits, de fonctionnalités spécifiques et d'intégrations avec des outils existants. Un site vitrine reposant sur un thème adapté se compte en milliers d'euros et en quelques semaines ; un site avec espace client, catalogue et connexion à un progiciel de gestion change d'ordre de grandeur et se compte en mois. La reprise des contenus est presque toujours sous-estimée : réécrire, relire et remettre en forme plusieurs centaines de pages représente une charge comparable à celle du développement, et c'est elle qui décale les calendriers.